Comment luter contre le présentéisme et améliorer la productivité de mes collaborateurs ?

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Le monde professionnel moderne fait face à un double défi : le coût élevé du présentéisme pour les entreprises et les attentes croissantes des nouvelles générations en matière d’équilibre entre travail et vie personnelle.

 

Selon une étude du cabinet Midori Consulting, le présentéisme coûte entre 13 et 25 milliards d’euros par an en France. Cela concerne environ 6% à 9% de la masse salariale, équivalent à une fourchette de 2,7% à 4,8% du salaire.

 

Face à cette réalité, comment reconnaître le présentéisme en entreprise ? Et comment le combattre pour favoriser productivité et bien-être des salariés ?

Comprendre le présentéisme en entreprise

Origine et Définition

Pendant longtemps, on opposait le présentéisme à l’absentéisme. Le présentéisme se définissait comme le simple fait de se présenter à son travail.

 

Depuis les années 90, le présentéisme incarne désormais la priorisation de son activité professionnelle par rapport à toutes les autres activités de sa vie.

 

C’est venir travailler malgré des problèmes de santé physiques et psychologiques, quand bien-même nous ne serions plus productifs.

Causes du présentéisme

Dans certaines entreprises françaises, il existe une culture où quitter le bureau avant 18h est souvent mal perçu, tant par les supérieurs que par ses collègues.

 

Dans ces environnements professionnels, rester tard sur le lieu de travail est souvent considéré comme une marque de dévouement et de professionnalisme. Cette mentalité se retrouve notamment dans de grandes entreprises renommées et au sein de cabinets d’avocats parisiens, où il n’est pas rare d’entendre des collègues se vanter « d’avoir travaillé jusqu’à 2h du matin pour terminer un dossier ».

 

En revanche, au Canada 🍁 par exemple, la tendance est différente. Les employés ont tendance à quitter le bureau vers 16h30-17h pour vaquer à d’autres activités. Si quelqu’un reste plus longtemps, cela peut être perçu comme un signe de moindre efficacité dans la gestion de sa journée.

 

Ainsi, la perception du fait de rester tard au bureau varie selon les cultures d’entreprise et les pays, avec des implications différentes en termes de reconnaissance et d’efficacité professionnelle.

 

De plus, il arrive que certains employés décident de ne pas prendre de congés maladie😷. Ils peuvent craindre des conséquences néfastes, allant jusqu’à la possibilité de perdre leur emploi, ou bien se sentir submergés par le travail à rattraper à leur retour.

 

Voici une liste non exhaustive de signes qui doivent vous permettre d’identifier si vos salariés ou vous-mêmes, êtes dans une situation de présentéisme :

 

  • Rester au bureau longtemps après la fin de la journée de travail
  • Refuser de prendre des congés malgré une nécessité évidente
  • Travailler pendant les pauses déjeuner ou les pauses prévues
  • Ignorer les symptômes de maladie et continuer à travailler
  • Éviter de prendre des jours de congé pour raisons personnelles ou familiales
  • Surcharge de travail constante pour impressionner les supérieurs
  • Résister à l’utilisation du télétravail ou d’aménagements flexibles
  • Ne pas déléguer de tâches même lorsque c’est approprié
  • Crainte de perdre sa place en prenant des congés
  • Négliger les activités de bien-être au travail pour se concentrer uniquement sur les tâches

Conséquences sur l'entreprise et le bien-être des salariés

À l’échelle individuelle, le présentéisme entrave la productivité et la qualité du travail. En effet, lorsque les employés travaillent alors qu’ils sont malades ou épuisés, ils réduisent leur concentration, multiplient les erreurs et allongent le temps nécessaire pour accomplir leurs tâches habituelles.

 

De plus, persévérer dans le travail malgré des problèmes de santé physiques ou mentaux aggrave ces problèmes et engendre des conséquences lourdes à long terme pour la santé des employés. Cette situation peut conduire à des arrêts maladie plus longs, alimentant ainsi l’absentéisme.

 

Au niveau de l’entreprise, le présentéisme engendre des coûts financiers💵. Le manque de motivation, la baisse des performances et les conséquences de l’absentéisme en sont des exemples.

 

De même, une culture d’entreprise basée sur le présentéisme peut porter préjudice à l’ensemble de la masse salariale.

En favorisant une culture de la performance centrée sur la présence physique, elle peut créer des tensions entre les employés, perturbant la cohésion d’équipe. De plus, cette approche peut altérer la perception de l’entreprise auprès des employés actuels et des candidats potentiels.

Les solutions du présentéisme

Des solutions globales

Promouvoir une culture de confiance et de flexibilité

Pour favoriser une culture de confiance, il est important de créer un environnement où les employés se sentent à l’aise de prendre des congés sans craindre d’être mal vus par ses supérieurs.

 

Dans une entreprise, la culture est insufflée par la direction. Ainsi, les dirigeants peuvent donner l’exemple en prenant des congés et en assurant leur propre équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

 

Les politiques de congés obligatoires peuvent également garantir que chacun se repose régulièrement. Un suivi des congés peut aussi permettre de s’assurer que toutes les équipes aient un repos régulier.

Offrir des avantages flexibles

Un employeur peut mettre en place des horaires flexibles, du télétravail et des politiques de travail à distance pour mieux s’adapter aux besoins des employés.

 

Les espaces de coworking offrent une flexibilité et un environnement propice à la productivité, en permettant aux travailleurs d’optimiser leur emploi du temps et d’équilibrer vie professionnelle et personnelle.

Fixer des objectifs mesurables

Le manager doit fixer des objectifs clairs et mesurables avec tous les membres de son équipe. En adoptant une culture axée sur les résultats plutôt que sur les moyens, l’attention se portera davantage sur les résultats atteints que sur le temps passé au bureau.

 

Pour prévenir une surcharge de travail, il incombe au manager de s’assurer que les objectifs soient réalisables et n’entraînent pas une charge excessive de travail, ce qui pourrait augmenter l’anxiété. Il est préférable d’évaluer la performance en fonction du travail effectué, plutôt qu’en fonction de la présence physique du salarié.

 

Enfin, il convient de stimuler la communication et de dédier du temps aux employés pour encourager le dialogue et répondre à leurs besoins.